Patrimoine architectural Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Patrimoine

 

La commune dYvoir regorge de patrimoine architectural...

 

 Historique des bâtiments de la maison communale

L'histoire d'Yvoir remonte déjà à l'époque néolithique qui voit un atelier de silex installé sur le site de Tricointe.

Le site de l'Airbois est lui occupé à l'époque gallo-romaine. C'est à cet endroit qu'un chercheur trouva le nom d'Yvoir sous la dénomination HORA (terme germanique signifiant terre fangeuse) dans les manuscrits de la prévôté de Poilvache, dont Yvoir était un fief.

A partir du XIVème siècle, Yvoir est le centre d'une importante industrie de fer. Elle comprenait jusqu'à 12 forges dont la première fut appelée " la forge d'Yvoir" et la seconde " la forge d'Aminthe". La vie de la région sera rythmée par les phases de prospérité et de récession des forges. Elles cesseront leurs activités en 1866 à la mort du dernier maître de forges pour se reconvertir en moulins, scieries. A cette époque se construisirent des écluses et le charbon, lui, sera remplacé par l'extraction de la houille.

Tandis que l'industrie du fer décline, Alfred Dapsens, originaire de Tournai, vient s'établir à Yvoir. Il rachète les biens des anciens Maîtres de forges et exploite les carrières de grès, ce qui prendra une importance considérable, vu les rares gisements en Belgique.

Depuis la dernière fusion des communes en 1976, Yvoir est le chef-lieu de l'entité qui regroupe 9 villages: Evrehailles, Houx, Godinne, Mont, Purnode, Dorinne, Durnal, Spontin et Yvoir.

La maison communale, qui abrite le centre administratif de l'entité est empreinte d'histoire.

Baignée au sud par les eaux du Bocq, cette ancienne ferme seigneurie d’Yvoir, parfois appelée " cense de la Tour " ou " cense féodale ", dépendant de la prévôté de Poilvache en 1458, était une possession des Courioule du XIVème siècle, ce bien a été éclissé du domaine en 1582 au profit de Louis de Corioule,  dès 1622 par un descendant de ce dernier avant d’échoir successivement aux familles de maîtres de forges Dumont, Misson et Moreau jusqu’au début du XXème siècle. Ensuite, en 1900, elle fut achetée par la congrégation religieuse du Cénacle et convertie en couvent; elle fut dotée d'une importante chapelle.
Suite aux inondations de 1926 responsables de maladies respiratoires parmi les religieuses et aux problèmes financiers, les dames (soeur) du Cénacle quittèrent Yvoir. La congrégation , dite missionnaires de Scheut, acheta l'ensemble des bâtiments et le parc en avril 1927. Les pères y étblirent une maison de repos. Ils abandonnèrent Yvoir pour un site plus vaste à Jambes en 1933.
Cette même année, cette propriété appelée "château de Moreau", fut rachetée par la commune d'Yvoir. De nombreux bâtiments furent détruits en 1938 tels que la ferme, une partie de la chapelle, structures religieuses et le tiers nord du quadrilatère primitif…
Aujourd'hui, l'ensemble des bâtiments en U ouvert sur l'église paroissiale (datant de 1763) ont été réaménagés pour les services communaux.

 

  PATRIMOINE AGRICOLE

Fermes

La ferme de Mont (Dorinne): est située sur la colline, face au village (d’où son nom). La ferme est un vaste ensemble de bâtiments massifs en pierre bleue regroupés autour d’une tour carrée.

La ferme de Tienne (Dorinne): se trouve en face de la ferme de Mont et est tout aussi imposante que cette dernière. On y trouve une ancienne potale de 1827.

Le Vivier d’Oie (Dorinne): est un restaurant gastronomique implanté sur l’ancien lieu-dit du " Vervi " (vivier, marécage) d’où son nom. Il est situé dans les bâtiments d’une ferme datant de 1750. A coté, existait une forge dont il reste quelques vestiges. Le restaurant fut construit en pierre.

La ferme de Mianoye (Durnal): construite principalement en moellons de grès et pierre de taille calcaire au 18ème siècle. Elle fut agrandie en briques dans le courant du siècle suivant.

La ferme du Buc (Evrehailles): est située près de l’église. C’est un bel ensemble en pierre bleue composé d’un long corps de logis à deux étages surmonté de 5 lucarnes à passants, d’une vaste grange et d’annexes à droite. Datant en partie du 17ème siècle, elle a subi de nombreux aménagements depuis lors. En effet, elle fit partie des propriétés incendiées par les Allemands le 23 Août 1914. Actuellement, lieu de location pour y organiser des cérémonies : http://www.dubuc.be/

La ferme en U (Evrehailles): est appelée également ferme de Celles ou ferme Calande-Bouchat. Incendiée en 1914, elle fut restaurée par la famille Bouchat. Le logis actuel date du XVII ème siècle.La ferme Croquette (Evrehailles): est toujours exploitée aujourd’hui par la famille Doneux. La ferme a aussi participé à l’histoire de notre pays… Elle fut par exemple occupée par un régiment de cavalerie de la noblesse française émigrée en 1792…Transformée en Gîtes : http://www.croquette.be/

La ferme de la Bouverie (Evrehailles): forme un superbe ensemble, très équilibré, admirablement mis en valeur depuis sa restauration dans le courant des années 90. On trouve déjà trace de la propriété dans la liste des biens de Hubert de Montjoie, seigneur d’Evrehailles depuis 1514. Ensuite, les de Maillart en seront propriétaires jusqu’en 1793. Le destin de la ferme est étroitement lié à celui du château.

La Vieille ferme (Godinne) : est un ensemble clôturé en moellons calcaire, grès et briques, dont l'entrée se fait via un beau porche. le portail surmonté du blason des Maillen est daté de 1623. L' enceinte est renforcée par une tour d’angle sans être fortifiée; ces défenses lui permettaient de contenir les assaillants. Les bâtiments du XVIIe s entourent une cour pavée. L’ensemble (enceinte, corps de logis, dépendance, atelier du maréchal ferrant) est à peu de chose près tel qu’il fut construit il y a plus de 350 ans. Cet ensemble architectural est classé par la Région Wallonne.
En partie public (Centre Culturel, géré par l'ASBL Patrimoine de Godinne) et en partie privé, ce quartier en bordure de Meuse vaut le détour. Récemment réaffectés : une grange - salles de réception (mariage, fêtes, ...), une aile en bibliothèque et musée, un corps de logis (bientôt restauré), une tour - espace de ferronnerie. De nombreuses expositions temporaires y sont montées.

 

  PATRIMOINE CIVIL

La Belle Epoque des Villas mosanes   (Texte de H. ETIENNE)

La ligne Namur - Dinant fut inaugurée officiellement le 10 octobre 1862 pour le trafic des voyageurs. En ces temps héroïques, le trajet de 28 km entre les deux cités mosanes prenait encore une heure, malgré un profil " facile " au fil de l'eau, à cause de la puissance très modeste des locomotives à vapeur de l'époque.

A la charnière du 19-20 ème siècle, dans son contexte économique, social et culturel, la Haute-Meuse s’est imposée dans une certaine bourgeoisie comme un lieu de villégiature.

On relève la redécouverte par maints artistes, du paysage, du fleuve et des reliefs mosans (voir notamment la célèbre colonie d’artiste d’Anseremme avec Félicien Rops), la vogue médicale du "grand air" favorisant l’éclosion de sanatorium, villas et hôtels ou encore la politique de Léopold II tendant à stimuler le rôle de la région de Dinant en matière de villégiature (casino, loisirs de plaisance)

Appelés chalets, cottage selon les terminologies de l'époque, ces constructions possèdent une fonction symbolique évidente. Certains propriétaires aux choisissent l'appelIation "château ".

Certaines villas furent l'objet d'une occupation saisonnière. De nombreuses familles bourgeoises n'y résident que temporairement, pendant la période estivale parfois même jusqu'à l'automne, au temps des récoltes et des premières chasses.

Ils regagnaient la ville et leurs affaires aux portes des saisons froides.

Quel mode de vie impliquent-t-elles? A quels loisirs s'adonnent ces populations aisées? Les possibilités de randonnées, libres ou organisées, à la découverte du patrimoine monumental et naturel émoustillent les curiosités. La promenade s'érige en art de vivre. Le tennis, un sport venus d'outre-Manche, commence à faire ses premiers adeptes chez les nantis. Les courts ne sont pas encore légion, cependant quelques parcs privés disposent d'une telle infrastructure. Le cyclisme, connaît un engouement particulier. Au début du XXème siècle les premières autos apparaissent et, en corollaire, les premiers rallyes. Plus paisible, la pèche à de nombreux partisans. Les estivants apprécient les plaisirs nautiques, les bains et le canotage. De nombreuses familles possèdent un canot que l'on se plaît à baptiser. Les canots de courses par le coût de leur gréement et de leur entretien attirent essentiellement les jeunes nantis.

La vie dans l'intimité est une part importante du plaisir; on y fait étalage de son confort à des amis choisis, ou l'on y jouit en famille de la splendeur des jardins ou de l'ombre bienvenue d'une terrasse ombragée. Monsieur, parfois madame, ne dédaignent pas à l'occasion prendre les gants du jardinier. Quand ces joies simples lassent, il reste à goûter à d'autres plaisirs plus citadins tels les jeux, ou les soirées mondaines un grand restaurant dinantais.

Le décor et les formes: L’observation architecturale des villas mosanes conduit à une première constatation : l’inspiration des styles locaux traditionnels. Fenêtres à croisée ou à meneau, colombage, haute bâtière ou pavillon, tourelle d’angle emblématique, toutes les formes rappellent les siècles antérieurs. S’il fallait, d’un mot, définir le style des villas, ce serait sans conteste " néo-traditionnel ". C’est pourquoi l’Art Nouveau, par exemple, qui fleurit à la fin du 19ème siècle et au début du 20èmesiècle, n’a guère sa place dans ces constructions. Horta lui-même, fer de lance du courant et auteur de huit maisons de campagne en Belgique, l’a laissé en veilleuse dans leur conception, puisque l’effervescence décorative urbaine n’est pas de mise ici.

Naturellement, les matériaux sont à l’avenant, issus du sous-sol ou du sol régional : la brique, le calcaire ou le grès, l’ardoise, le bois. Les matériaux nouveaux, comme le métal, n’entrent que rarement dans la composition et les matériaux nobles, tel le marbre, se font discrets.

Mais une recherche décorative existe bel et bien, notamment par l’usage de la couleur, qui joue un rôle extrêmement important. Tout est coloré, jusqu’aux tuiles qui peuvent être vertes ou jaunes. Les murs de briques sont très souvent peints, quand ils n’alignent pas des bandeaux de teintes différentes ou des panneaux et des damiers. Si les façades sont élevées en moellons, elles alternent volontiers le grès et le calcaire, dans cette même quête de couleur. Quant aux boiseries, très présentes dans les balcons, les galeries ou les rives des toits, elles sont également peintes, jamais vernies ni " au naturel ".

Le décor naît du traitement appliqué aux matériaux, de leur mise en œuvre ou encore de leur alternance et de leur coloris. Les décors appliqués, eux, ne sont pas courants. Pas de sgraffites mais, à l’occasion, un cadran solaire ou le nom de la villa dans un panneau de céramique, et cela reste l’exception.

Le plan des bâtisses est souvent quadrangulaire, voire carré ; il exclut pour ainsi dire le L et a fortiori le U. Une tour coiffée d’un haut pavillon se greffe à un angle. Sur des caves hautes, presque hors sol, deux niveaux utiles se superposent sous la toiture, la plupart du temps percée de multiples lucarnes. La vue étant privilégiée, et non l’orientation ou l’exposition au soleil, comme on le constate aujourd’hui, de nombreuses terrasses, des balcons et des bow-windows s’ouvrent de tous les côtés.

 

  PATRIMOINE RELIGIEUX

La Vierge Notre-Dame de Bonne-Garde (Yvoir): est une statue de marbre qui domine le village. Elle fut offerte après la guerre 1914-1918 par un citoyen canadien pour témoigner sa reconnaissance à la mère du Christ pour la protection accordée au Couvent des Dames du Cénacle (aujourd’hui disparu) dans lequel se trouvait sa sœur.

La grotte Notre-Dame de Lourdes (Yvoir): est située à l’Institut et est une copie du site de Lourdes.L’église Saint-Fiacre (Dorinne): construite en pierres en 1888-1889 est de style néo-gothique. Saint-Fiacre,patron des jardiniers, est fêté le 30 Août. Il est mort en 670. On l’invoquait pour les coliques. Quant au baume Saint-Fiacre, il s’agit d’un mélange de bouse de vache et d’argile qui sert à recouvrir le tronc des arbres écorchés.

L’église paroissiale Saint-Hubert (Durnal): est un gros édifice néo-classique en brique et pierre bleue. L’église a été bâtie en 1848

L’église Saint-Laurent (Evrehailles): la première église (de style gothique) fut remplacée en 1858 par un édifice de style Renaissance. Elle fut incendiée en 1914 par les Allemands et ensuite reconstruite en 1922 ( elle fut probablement reconstruite sur le site de l’ancien sanctuaire qui fut pendant tout le Moyen-Age une possession de l’Abbaye St Laurent de Liège et qui a laissé son saint patron au village) . Le patron de la paroisse est Saint-Laurent, dont la fête se célèbre le dimanche qui suit le 10 Août.

L’église Saint-Pierre (Godinne): étroitement imbriquée dans les volumes du château voisin présente des traces d'architecture des styles qui s'échelonnent de l'époque romane à ceux du XIXe s.). Elle fut construite dans les environs de 1500. De petit volume, sur un plan " carré ", elle borde directement la Meuse. Après avoir été endommagée suite une tempête durant la nuit de Pâques en 1606, l’église fut agrandie. Le cimetière attenant est typique. De beaux arbres remarquables rendent le lieu apaisant.

L’église Saint-Barthélemy (Houx): fut endommagée en 1914-1918 et en 1940-1945. Elle fut restaurée en 1948 grâce au concours du bourgmestre Fovarge. L’église fut construite en pierre et est composée d’une seule nef. A l’intérieur de l’église se trouvent deux pierres tombales de maîtres de forges.

L’église paroissiale Saint Charles Borromée (Mont): édifice néo-roman en calcaire construit en 1874-1876 sur les plans de l’architecte provincial C.J. Luffin, puis complètement remodelé en 1979-1980 par l’architecte Jean Cosse, qui n’en a gardé que le bas-côté sud, la base de celui du nord et une partie du chœur. Curieux clocher en forme de pyramide tronquée.

L’église paroissiale Saint-Remacle (Purnode): est un édifice néo-roman en calcaire construit à un nouvel emplacement en 1880-1881.

L’église paroissiale Saint-Georges (Spontin): édifice en moellons de calcaire, de style gothique, restauré en 1880-1885.

L’église Saint-Eloi (Yvoir): est un édifice classique bâti en 1761-1763 par le curé Jacques Misson. En 1888, l’église fut doublée par adjonction d’un transept sur les plans de l’architecte namurois L. Lange. Au départ, aucun édifice religieux ne devait exister à Yvoir avant le XVI ème siècle. Les habitants devaient traverser la Meuse et se rendre à Senenne pour y entendre les offices, mais les crues du fleuve leur rendaient l’accès souvent difficile. A leur demande, l’évêque de Liège, Georges d’Autriche, les autorisa le 03 octobre 1556 à ériger dans leur hameau, une chapelle à leurs frais et en dépendance de la paroisse de Senenne. On put désormais y célébrer la messe et les offices divins, administrer les sacrements de baptême, pénitence, eucharistie, extrême-onction et y enterrer, mais pas les mariages. La chapelle fut vraisemblablement construite à l’endroit où se trouve l’église actuelle.
L’église d’yvoir fut agrandie en 1888 et en 1934 pour le cœur. Elle possède une seule nef à toit plat peinte en beige garnie de médaillons comme murs latéraux. Leur base est en marbre. La chaire de Vérité trône toujours à droite du chœur qui possède deux autels : un petit en bois de Jean Wiame à l’avant et une plus grand en marbre à l’arrière. Il est situé près du tabernacle encastré dans le mur. A gauche, on remarque une annexe éclairée par deux petits vitraux très colorés représentant l’Annonciation et l’Assomption de Marie. Elle contient aussi un petit autel en marbre. Cette annexe ne sert qu’à remiser les chaises.
Les larges fenêtres de l’église sont pour la plupart décorées de vitraux datant de 1893. A droite, sont représentés Sainte Cécile, Saint Dominique : don de Mlle Philippine Gravez, Saint Antoine de Renard Davreux, Saint Charles Borrin : don de Ch. Coppin, curé d’Yvoir. 
Dans le chœur, on trouve le grand et beau vitrail de l’Assomption, à gauche Notre-Dame de Lourdes, Sainte Thérèse, Sainte Mélanie ; les autres vitraux ne portent pas d’inscription, deux ont perdu une partie de leur figuration suite aux jeux de balle pelote tout proche. 
Près du chœur, à gauche, une pierre scellée dans le pavement évoque la mort de Jacques Dumont, maître de forges " échevin de Bouvignes et des ferons " décédé le 2 mars 1649 à 56 ans. A droite, une autre évoque Damien Demarche " Vicaire et bienfaiteur de cette église " décédé le 6 mai 1751 à 80 ans et une plus petite, le décès de Jean Ruffe " prêtre et maître de forges " âgé de 52 ans mort en 1759. On pouvait donc être prêtre ouvrier mais comme prêtre "  entrepreneur "…
N.B. : Les fonts baptismaux en marbre à l’entrée ne sont plus utilisés suite au cloisonnement des portes d’entrées (il y fait trop froid).

La paroisse est actuellement desservie par l’abbé Bernard Van Vynckt.

La chapelle Saint-Roch (Durnal): est un petit édifice néo-classique en moellons de calcaire, excepté la façade en brique et pierre bleue.

La chapelle Saint-Roch (Godinne): est une bâtisse massive en pierre bleue de 4M sur 3M ouverte par une porte ogive. Elle est seulement éclairée par sa porte en verre car elle ne possède aucune fenêtre.

La chapelle Saint-Barthélemy (Houx): sanctuaire néo-classique érigé en 1859 en moellons et pierre de taille calcaire. La façade porte une dalla rappelant la destruction de 43 maisons du village en 1914.

 

UP

  PATRIMOINE MILITAIRE

Châteaux et forteresses

Le château de la Motte (Dorinne): tirait son nom de l’ancienne cense de la Motte, acquise en 1591 à la famille Brant, par Charles de Glymes. Incendié en 1914 par les allemands, le château fut reconstruit en 1922 en belle pierre du pays sur un autre emplacement.

Le château d’Evrehailles (Evrehailles): représenté vers 1604 par Adrien de Montigny dans un des albums de Charles de Croÿ, le château était le centre d’un fief cité dès le XIIIème siècle et a du être reconstruit, au XVIème siècle, soit par les Montjoie, soit par les Rosey. Il semble qu’au départ, le château ait consisté en une enceinte quadrangulaire entourée d’eau et flanquée de deux tours d’angles circulaires. Les maçonneries sont presque entièrement en moellons de grès assisés et pierre bleue.

Le château (Godinne):appelé Prieuré, est une demeure construite par Henri de Wildre prévôt de Poilvache au début du XVIe s., maintenant propriété privée du Docteur Monsieur Mathy.  Il fut construit de briques et de pierres calcaires. Le château se distingue par son pignon à gradins, autrefois très courant mais actuellement assez rare. Il fut la résidence des Seigneurs de Godinne, dont on retrouve les blasons en divers endroits.

Le château Gaiffier (Houx): c’est une grande demeure en briques en forme de U datant de 1795. Le château de style classique est prolongé par un grand parc. A proximité du château, se situe une belle fontaine en pierre bleue par où coule l’eau de plusieurs orifices.

Le château de Blocqmont (Houx): est situé sur les hauteurs boisés , vers Poilvache, et tire son origine de son propriètaire Nicolas Blocq (Blocq Mont) en 1601. Le château de Blocqmont fut construit vers le milieu du XVIIIème siècle en briques de style classique à deux étages.

Le château de Poilvache (Houx): sur la cime d’un rocher très élevé, on aperçoit les ruines de l’ancienne forteresse de Poilvache. Sa fondation remonte aux années 1226-1228. Elle fut l’œuvre de Waleran de Montjoie, duc de Limbourg et de sa femme Isabelle de Bar, comtesse de Luxembourg. Le nom primitif du château (smaragdus – Esmeraude en roman) provient du nom d’un homme franc Meraldus. Il était connu depuis le XIIIème siècle, sous le vocable de " Poilvache ". Ce dernier nom aurait été donné aux habitants du château, par les Dinantais et les Hutois, parce qu’ils pillaient porcs et vaches jusque dans les étables. Le château était également connu des anciens sous le nom de Castrum Bohemorum.
Le château fut assiégé, pris et ruiné par les Dinantais, en 1322. Les Liégeois en firent le siège en 1430. Après une vigoureuse défense soutenue pendant 5 à 6 jours, la garnison se rendit et le château fut rasé. Rétabli de nouveau, il fut entièrement démoli par l’armée française en 1554. De cet antique boulevard de la féodalité, l’on ne voit plus que quelques vestiges des souterrains, et un puit percé dans le roc, de 55 mètres de profondeur.
Actuellement propriété de la Région Wallonne, les ruines ont été inscrites dans " Patrimoine exceptionnel en 1992. http://www.poilvache.be/

Le château de Spontin (Spontin): illustre l’évolution d’une habitation seigneuriale du Moyen Age à nos jours. A l’origine, vers le 12ème siècle, le château de Spontin fut une " tour défensive "carrée construite sur un îlot du Bocq. Celle-ci était destinée à protéger les usagers de l’antique voie romaine Dinant-Huy. Après de hauts faits d’armes, le chevalier de Spontin, Guillaume dit " l’Ardennais ", transforma à la fin du XIIème siècle, le bâtiment primitif en une demeure fortifiée de 3 étages, aux murs plus épais et y ajouta 2 tourelles de défense avec pont-levis. C’est seulement au XIVème siècle que la demeure prit réellement son aspect de château fort classique. Dès le 16ème siècle, les fortifications devenues inutiles (invention de la poudre à canon), le château se transforma en résidence de style par le percement de fenêtres et la construction des toitures actuelles sur les tours. Les 2 dernières transformations furent la construction d’une ferme fortifiée sur la façade (XVIIème S.) et la démolition d’une partie des fortifications arrières. La ferme fortifiée qui abrite actuellement les infrastructures touristiques qui font de Spontin un des hauts lieux du tourisme namuroisLa ceinture fortifiée (Spontin): 6 donjons défendaient le château d’un ennemi dans toutes les directions. Quatre étaient plus rapprochés du château : Senenne, La Rochette, Bailoy et Durnal ; deux en étaient plus éloignés : Mouffrin et le Stier. Ce dernier était le plus puissant de tous de par son manoir, son moulin, sa boverie et ses dépendances.

Le château de Bouvignes (Yvoir): fut construit en 1751. Cette ancienne maison de maître de forges repose sur une fondation de tour antérieure qui aurait eu une fonction défensive. Ce bâtiment est actuellement propriété de la province de Namur.

Le château Dapsens (Yvoir): est l’ancien château Gaiffier. On remarque une ancienne tour de guet, plus ancienne qui dépendait sans doute, de l’ancien château des Seigneurs d’Yvoir. Derrière le château Dapsens se trouve une chapelle érigée en 1688 qui possède un autel en marbre remarquable et 2 jolies statues en bois de Saint-Pierre et Saint-Roch.

UP

  PATRIMOINE INDUSTRIEL

Moulins

Le moulin de Spontin fut construit en pierre bleue et fonctionna jusque 1953. Au rez-de-chaussée, se trouve l’énorme roue à aubes aux armatures en fer, pourvue de planches dont certaines manquent, et à côté l’ensemble des rouages. Au 1er étage, se situent les 4 meules qui permettaient de moudre la farine de froment et d’aplatir l’orge pour le bétail. Le 2nd étage contient aussi le reste de l’outillage dont la décortiqueuse d’épeautre, ce qui rend l’installation quasi complète.

Les douze forges d'Yvoir :
Première forge appelée "forge d'Yvoir"
Deuxième forge appelée "forge Hamaide"
Troisième forge appelée "forge Gobeaux"
Quatrième et cinquième forge appelées "les forges de Redeau"
Sixième forge appelée "marteau Jean"
Septième forge appelée "le marteau Thomas"
Huitième forge appelée Forge et Maca de la Gayolle
Neuvième forge appelée "le marteau Jacques"
Les dixième et onzième forges sur le marteau Foeuillen : le 11.05.1655, ces forges portaient le nom de "marteau Feuillen" et "marteau Henry"
La douzième forge en bauche (l'orthographe d'origine a été maintenue).
Actuellement les bâtiments de ces forges sont encore observables.

A partir du XIVème siècle, Yvoir est le centre d'une importante industrie de fer.  Elle comprenait jusqu'à douze forges dont la première fut appelé "la forge d'Yvoir". Il reste encore la batte sur le Bocq derrière le complexe sportif et la seconde "la forge d'Aminthe".  La vie de la région sera rythmée par les phases de prospérité et de récession des forges.  Elles cesseront leurs activités en 1866 à la mort du dernier maître de forges pour se reconvertir en moulins, scieries.  A cette époque se construisent des écluses et le charbon de bois, lui, sera remplacé par l'extraction de la houille. 
 
La deuxième forge ou forge Hamaide ou Aminthe : elle était située rue du Blacet, juste en face du four à chaux qui est toujours visible.  Un splendide tilleul se trouve encore là, comme les maîtres de forge en plantaient dans la cour de leurs forges et sur lequel ils plaçaient une potale.  En 1861, l'évêque de Namur y consacra une potale dédiée à la Vierge.  Une niche est toujours accrochée au tronc de l'arbre. 
 
Le château d'Yvoir avec la troisième forge ou forge Gobeau et une fenderie : ancienne place forte féodale, siège de la seigneurie d'Yvoir.  Le premier seigneur connu est Wéry de Corioule, ayant vécu avant 1388.  Détruit en 1554 par Henry II (en même temps que Bouvignes et Montaigle) dans la guerre entre le royaume de France et les Pays-Bas espagnols de Charles-Quint.  Reconstruit en 1679, il passe aux Montpellier (maître de forges) vers 1688.  Il devient  propriété de J.B. de Wilmet, autre maître de forge qui l'agrandira, puis acheté par A. Dapsens en 1868, date à laquelle la vallée du Bocq se tourne vers l'exploitation des carrières, ce qui est pour Yvoir et le Bocq une autre histoire d'eau …
 
Les autres forges : on peut retrouver sur le parcours du Bocq jusque Bauche l'emplacement des coups d'eau des neuf autres forges.  Situés en terrain privé et même parfois dangereux, leur accès en est déconseillé.

Pourquoi l'industrie du fer, ici à Yvoir ?
Le minerai de fer est extrait facilement à ciel ouvert dans la région.
Le bois (transformé en charbon de bois) indispensable pour alimenter les forges et fourneaux est présent en grandes quantités dans nos forêts.  Quand le bois se fera plus rare ici, on le fera venir du Duché de Luxembourg par la Meuse (Givet).  L'énergie indispensable est captée sur le courant du Bocq par les coups d'eau.

Importance du fer à Yvoir
Quelques chiffres pour situer cette importance à Yvoir :
En 1563 : 8 forges, à la fin du 18ème siècle :
en 1775 : 5 maîtres de forge sur 24 de la province de Namur habitent Yvoir.
en 1808 : 765 ouvriers sur 1495 pour la sous-préfecture de Dinant.
Sur environ 5,5 km depuis Bauche se trouvent 12 forges et une fenderie indépendante.

Evolution des forges
Elles se transforment en moulins, huileries, scieries de marbre.  Les dernières forges ferment  en 1870, époque de la canalisation de la Meuse.
La vallée du Bocq se transforme par le rachat en 1868 par Alfred Dapsens qui commence l'exploitation des carrières.
Le Maka est un marteau pilon actionné par une roue hydraulique à cames.  Cette roue animée d'un mouvement rotatif continu vient successivement buter contre l'extrémité du manche du marteau mobile et le soulève.  Ensuite brusquement abandonné par la came, le marteau retombe de tout son poids sur l'enclume.  Le Maka sert principalement pour forger les grandes et fortes barres et en faire des barres de plus petites dimensions.  Le poids moyen d'un maka de forges est de 510 kilos dont 84 kilos pour le marteau et 210 kilos pour le manche.

Fabrication de la chaux
Dans d'énormes entonnoirs garnis de briques réfractaires, on déversait d'abord des fagots de bois.  On y ajoutait des wagonnets de fin charbon arrivés par chemin de fer.  Ensuite venait une couche de moëllons de pierre bleue, puis une couche de charbon et encore une couche de pierre.
Ces fours brûlaient jour et nuit.  La chaux était retirée par des embouchures placées à la base et brouettée dans des wagons qui partaient en longs convois vers les acieries.
Les fours à chaux servaient à utiliser les déchets.

Les charbonniers de la vallée du Bocq
Les premiers établissements d'industrie métallurgique avaient grand intérêt à se trouver à proximité de forêts.  Comme nous l'avons vu précédemment, le charbon de bois a longtemps été le combustible indispensable à la production du fer. Ce type de charbon permettait en effet d'obtenir une assez bonne réduction du minerai de fer.  On comprend donc que les forêts aux alentours d'Evrehailles aient été largement mise à contribution pour fournir ces grandes quantités de charbon de bois nécessaires à l'industrie.  Bûcherons et charbonniers ont longtemps fait partie du paysage des vieux métiers locaux. 

Tandis que l'industrie du fer décline, Alfred Dapsens, originaire de Tournai, vient s'établir à Yvoir.  Il rachète les biens des anciens Maîtres de forges et exploite les carrières de grès, ce qui prendra une importance considérable, vu les rares gisements en Belgique.
La Vallée du Bocq d'Yvoir à Spontin, a connu et connaît toujours une importante activité d'exploitation de carrières.
Les roches exploitées dans la vallée du Bocq sont principalement le "GRES", exploité dans l'assise géologique de Montfort, et, dans une moindre mesure, la "PIERRE BLEUE", dénommée également "PETIT GRANIT DE LA VALLEE DU BOCQ".  C'est de très longue date que l'on a exploité les bancs de grès et de petit granit dans la vallée, puisque les bâtiments du XVIIème et XVIIIème siècle, y sont construits dans ces matériaux.
Vu l'extension rapide de ses carrières, Monsieur Dapsens fut obligé de trouver un moyen de transport pour acheminer ses marchandises, vers les quais de la ligne de chemin de fer du Nord-Belge ainsi qu'à la Meuse.  C'est ainsi qu'il fit construire en 1876, un chemin de fer à petite section.  Celui-ci fut bien vite insuffisant et on le remplaça en 1882 par une voie plus importante.  C'est en 1884 qu'apparût la première locomotive sur cette ligne privée. Auparavant, les wagons étaient tirés par des chevaux.
 

 

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Dernière mise à jour : ( 06-05-2009 )
 
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